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É-pui-sés!?

Contributions

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Si la vie a toujours quelque chose d’un combat, nos blessures contemporaines ont souvent pris la forme de l’épuisement. Burnout professionnel, fatigue parentale, effondrement psychologique, éco-anxiété, retrait informationnel, désintérêt politique, épuisement du souffle démocratique… Dans un paysage où la nature elle-même voit ses ressources siphonnées sans limite, nous nous éreintons sur le tapis roulant d’une course sans fin promettant le succès au plus productif, au plus performant, au plus informé, au plus adaptable, au plus résilient. Le portrait du vainqueur fantasmé est un puzzle composé de selfies innombrables autant qu’éphémères: des images personnifiant jeunesse, luxe, célébrité, paysages de rêve; réussite professionnelle, parentale, sexuelle, amoureuse; avec pour légende des appels à la réinvention de soi et des avis tranchés sur la marche du monde. 


Au bord de la route, l’équipe de secours du développement personnel propose aux coureurs de fabriquer leurs propres sparadraps. Mais qui nous oblige à courir? Sommes-nous victimes, ou parfois complices? Pouvons-nous prendre des chemins de traverse? Où retrouver des énergies? Comment rester en lien avec le monde, ses images, ses réseaux, sans s’effondrer ni devenir insensible? Et puis d’abord, qui a tiré le départ? Qui a intérêt à nous faire courir ainsi derrière nous-mêmes, quitte à nous épuiser?

Éditos

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Christophe BERTI

Et si on soufflait une bonne fois?

“Un jeune parent sur cinq en détresse. Charge mentale, manque de sommeil, la parentalité use jusqu’à l’épuisement.” La manchette du Soir du 17 avril, rapportant le dernier baromètre Partenamut, n’est que l’ultime épisode de cet état de fait qui s’impose de plus en plus dans la société européenne: nous sommes à bout de souffle.

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Geneviève GENICOT

La Vie insupportable

La vie insupportable, comme une cagoule qui gratte, un robinet qui fuit, une alarme qui n’en finit pas de sonner. La vie un casting de trop, un énième date, un rêve vendu par un vendeur qui a des insomnies. La vie couché, ni vivant ni mort, la vie comme l’œil fermé des façades des villes, la vie une prière contre le licenciement économique.

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Nouvelles

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Daniel AUBAIN

Les Fenêtres du bon Dieu

J’ai mis un moment à réagir, à reconnaître cette voix, ce prénom qu’on n’utilisait guère à l’époque. À la fac, on l’appelait rossignol à cause de sa passion pour l’ornithologie. Tout cela est si loin.

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Kamel BENCHEIKH

La Fatigue pèse comme une solitude infinie

Le vent soufflait en bourrasques sur les quais de Seine, soulevant les feuilles mortes en tourbillons fauves. Assis à la terrasse d’un café, Rachid fixait la surface grise du fleuve, un café refroidi devant lui. L’hiver parisien lui était toujours apparu comme un défi, une forme d’épreuve silencieuse qu’il devait surmonter. Ce soir, pourtant, il se sentait vidé. Fatigué de la lutte. Fatigué d’écrire, de débattre, d’argumenter face à une société qui semblait sombrer dans le repli.

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Massimo BORTOLINI

Épuisements

On sortait à peine du séisme qu’avait été la pandémie de 2020; un séisme aux multiples répliques, il y avait eu la propagation du virus, les morts, les malades, les services de soin mis à terre, les milliers de travailleurs et de petits entrepreneurs indépendants qui avaient tout perdu en quelques semaines et puis l’après, avec ses troubles sociaux, la violence qui éclatait de-ci de-là, il avait fallu faire avaler des couleuvres à tout le monde ou à peu près; tout le monde avait perdu quelque chose, et quand ce n’était pas de l’argent ou une situation, c’était de la dignité. Il avait fallu des mois pour que la société se remette en marche. Pendant les mois qu’avait duré cette catastrophe mondiale, beaucoup avait imaginé que l’après serait l’occasion de repenser nos modes de vie basés sur la surconsommation et la surexploitation.

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Nicolas BOUCHEZ

Une chambre dans le jardin

Je suis arrivée dans la nuit. La clé était dans une petite boîte devant la maison, avec un code, comme indiqué dans l’appli. L’intérieur était fidèle aux photos. Ma chambre était dans le jardin, dans une petite cabane avec de grandes fenêtres. Le reste de la maison était partagé avec l’hôte, Mercedes. Elle devait être de sortie. 

Épuisée du voyage, j’ai posé mes affaires dans un coin de la chambre. 

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Karine BOUSSART

Une source sourd

Au fond du trou

Au fond du puits


Épuisés


De tout

De rien

De moi

Même de moi, oui

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Nathalie BOUTIAU

Temps de pause

Ce temps que tu consacres à te regarder dans le miroir, sans bouger, c’est comme un temps de pause, un arrêt sur image. Ce temps est figé dans la lumière. Au-dessus du meuble de la salle à manger, il y a un portrait de toi encadré. Je le regarde, il m’indique que le temps a passé. Qu’en as-tu fait?

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Éric BRUCHER

J. H.

Il y a l’étendue à perte de vue de terre rouge, sèche, craquelée. Les rocs, les poussières, les végétaux âpres et ras. Sorte de vide brûlé. À l’horizon, la perspective de montagnes abruptes et crénelées. Comme un désert frappé par la puissance du feu. Le soleil, depuis toujours peut-être, à la verticale. Une route traverse l’étendue. Ruban d’asphalte lancé en avant, à travers le défilé des monts déchirés, avec ses flaques de lumière, ses réverbérations pareilles à des eaux tremblant dans l’atmosphère. La route va loin, déroule son goudron vers l’horizon, là où une ligne imagine la limite, et disparaît en ouvrant le ciel. La chaleur pèse, fait vibrer l’asphalte, provoque des mirages troublant les perspectives.

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Valentina CASADEI

Dis-huit mètres carrés

Chaque matin, l’église devant chez moi me tire du lit à huit heures trente pile. Depuis deux ans, j’ai arrêté de mettre mon réveil, les cloches s’en occupent à ma place. Et puis, il y a la vie des voisins, ceux de l’escalier de droite, avec leurs enfants qui courent partout, construisent des cabanes avec des chaises et des couvertures, et parlent à leur ami imaginaire de l’autre côté du mur, sans savoir que, de l’autre côté du mur, il n’y a personne. 

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Manon CELINO

Le Blues de l’actrice

J’aurais voulu être une artiste… mais c’en est trop! J’en ai assez. Tous ces mails laissés sans réponse, toutes ces heures passées à me filmer, à me photographier, à demander, à supplier, à attendre, en vain. Toutes ces heures de figuration, payées au lance-pierres, pour être finalement, comme par hasard, dans des scènes coupées au montage. Demain, cette fois, j’arrête.

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Sophie CHETRIT

À l’envers

Vous enquêtez sur Paul? Alors écoutez-moi bien. Je sais que ce que je vais vous dire est difficile à croire, mais il est là, en bas. Suspendu. Il a enlevé ses vêtements et il se repose. Il a l’air détendu. Je dirais même… heureux. Aussi heureux, peut-être, que le jour où il a été recruté comme consultant.

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Olivier CHOLEZ

La Théorie du plot

C’était un mercredi de septembre, avant l’équinoxe. J’avais pris mon après-midi pour m’acquitter de quelques tâches rébarbatives, et profiter des dernières heures de l’été. Mon rendez-vous chez le dentiste avait été indolore et rassurant, les impôts consentaient à me faire un remboursement de cent soixante-quatorze euros, mon ex acceptait que j’emmène notre fils à la Biennale d’art contemporain sur son week-end, dans un message qui commençait par bonjour et se terminait par merci, la température dépassait encore les vingt degrés après dix-huit heures, une légère brise soulevait la jupe de la fille devant moi pour laisser apparaître par intermittences un fragment de tissu blanc, c’était ce qu’on pouvait appeler une belle journée. Et pourtant, je pensais à la mort.

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Gérard CLECH

Le Double Syndrome

Je me savais fragile, mais je craignais de ne pas être suffisamment Japonais pour les syndromes qui m’ont frappé. Je dis bien les syndromes et pas le syndrome. Ils sont en effet deux et je me suis renseigné, la probabilité d’avoir à les subir l’un et l’autre consécutivement frisait le zéro absolu. 

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Coraline CROQUET

À la croisée des chemins

Courir toute une vie, le regard rivé sur l’horizon. 

Et arriver là.

Sur ce pont, suspendu entre ciel et gouffre, une valise dans une main, une boussole dans l’autre, j’étais perdu. Littéralement. 

J’avais beau la fixer, l’aiguille de ma boussole s’affolait, incapable de se stabiliser. Comme si le monde s’était égaré ou que la Terre avait perdu le nord. 

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Nicola DA COSTA

VHS

Judith verrouilla la porte du studio qu’elle louait Via Grimaldi avant de descendre les marches de l’escalier de marbre du vieil immeuble à appartements. En ce mois de mai, l’air était déjà chaud et le soleil accueillant. 

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Christo DATSO

Erreur 404

Il y a quelques jours, Brigitte me racontait un épisode du film Roma de Fellini sur la féérie des autoroutes. À l’occasion d’un embouteillage de tous les diables, quelque chose d’inattendu se produit, un pique-nique géant improvisé sur les capots des autos, dans une furieuse allégresse entre engueulades et embrassades. J’en parlais avec une copine au début de la soirée d’anniversaire de David. 

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Cécile DE MOOR

Réflexe d’éjection forte

Ça y est, on s’est encore disputé.

La sage-femme, l’autre jour, m’a prévenue: si vous continuez comme ça, il va finir par vous quitter… J’avais fondu en larmes. J’avais accouché une semaine plus tôt. Mes hormones étaient en pagaille. Elle s’était excusée, en me tendant un mouchoir. Elle avait dit ça pour mon bien. Parce qu’elle m’aimait bien.  

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François DEGRANDE

La Terrible Histoire de Dieudonné Raider

Dieudonné éteignit la télévision. Jamais il n’avait entendu autant de mensonges. Il se félicitait du clap de fin sur son cercueil politique. Ses échecs étaient prémédités. L’essentiel était de donner l’image que la politique ne voulait plus de lui. Il se resservit une coupe de Champagne. Les bulles le ramenaient à son rêve d’enfant. Devenir directeur de la plus grande porcherie du pays.

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Yves DELBAR

Le Souple Pas du renne dans la neige profonde

Si c’était à refaire j’aurais entamé d’autres apprentissages et formations pour devenir éleveur de rennes en Laponie, par moins 30°, loin de la ville, du tohu-bohu, du bruit (mon Dieu, le bruit!), et écouter dans une sorte de silence un pépiement par-ci, un glapissement par-là, un ululement au loin, un jacassement sporadique et, bien sûr, le souple pas du renne dans la neige profonde.

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Pascal DELOGE

Pourquoi? Comment?

Ma fusée filait pourtant entre étoiles et planètes d’un train de sénateur, les saluait superbement au passage. Dans le hublot, l’astre de ma destination enflait, lisse et rebondi comme une fesse, sans tourbillon dépressionnaire autour ni rien du tout. Du gâteau! Du nectar! Et après, job accompli. Retour a casa et dolce vita ad vitam aeternam!

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Jocelyne DESSEILLE

Quelque chose

Paulo-Tim n’oublierait jamais qu’à l’âge de dix ans, quand il avait vu arriver le bus 555, il ne s’était pas méfié. Pourtant, sa mère lui avait prédit des ennuis en avalanche s’il touchait à l’horrible cagoule dont la laine lui grattait le front, provoquant de cuisantes démangeaisons.

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Emmanuel DONNET

Précis et constructif

— Bonjour… 

Kevin jeta un coup d’œil rapide au dossier ouvert sur sa tablette.

— Jérôme!

— Bonjour Monsieur.

— Qu’est-ce qui vous amène, Jérôme?

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Patricia d’ABRIMONT

Prélude… et fugues

Tout avait paru étrange, singulièrement troublant à Sirena, ce matin qui s’annonçait pourtant radieux en ce début de printemps. 

Comme à son habitude, elle inspecta les petits faits et gestes du jardin en tirant les rideaux, puis ouvrit brièvement la fenêtre pour faire pénétrer l’air filtré par les derniers effluves d’une nuit lunaire.

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Gerardo FERRO

Le Vendeur

Le vendeur atterrit sans encombre devant la porte du bâtiment. Il est dix heures moins dix à sa montre. Juste à l’heure. Le vol l’a quelque peu décoiffé, alors il ajuste sa veste et sa cravate, lisse ses cheveux d’une main, saisit fermement sa mallette et s’apprête à entrer.

À côté de l’ascenseur, une femme tient un chien dans ses bras. Elle le regarde, consternée, par-dessus son épaule. Le chien se met à aboyer, et le vendeur se sent mal à l’aise. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Il analyse rapidement la situation et opte pour les escaliers plutôt que de monter à côté de l’animal.

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Sandrine-Jeanne FERRON

Je vais mieux maintenant que je suis avec toi

Lui et moi, nous nous connaissons depuis le collège. Depuis quarante ans. Nous sommes nés la même année, dans la même ville, le même jour, pas tout à fait, Sébastien a cinq mois de chagrins en plus. Nous sommes nés à Nice.

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Jean-François FOULON

Fuite en avant

— Non, ça suffit, j’en ai assez. J’arrête tout.

— Comment cela? Qu’est-ce que tu arrêtes? 

— Tout, je te dis. Le piano et les études.

— Mais ce n’est pas possible, enfin, après tous les efforts que tu as faits!

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Michelle FOUREZ

La Chaise

Nous éclatons tous de rire: oui, il s’est assis sur la chaise mouillée!

Arthur vient de l’asperger, la chaise, avec l’éponge servant à effacer le tableau noir. Il se met debout, le prof, l’empoigne, la chaise, la lève bien haut sans un mot et la lance vers nous qui sommes assis là dans la classe, un sourire narquois sur les lèvres.

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Charles GARATYNSKI

Patho-intelligentsia

Il fallait faire vite; se dresser sur le garde-corps et sauter. Peut-être que son ami allait surgir de nulle part et le secourir au dernier moment. Il y a toujours des imbéciles qui veulent vous empêcher de crever. Mais Émile voulait-il vraiment mourir ou seulement voir quelques mains amicales le tirer de la rivière? Il douta encore.

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Geneviève GENICOT

Le Problème de Robert

Pour la deuxième fois, la voix du maître nageur s’élève dans l’air étouffant, au-dessus des cris: Robert est attendu par sa femme et ses filles à la piscine principale! Robert, on vous attend! Conformément au principe d’Archimède, le corps de Robert subit en ce moment une poussée verticale vers le haut égale au poids du volume de fluide déplacé; c’est ce qu’on appelle “faire la planche”. Il a les yeux ouverts sur le ciel. 

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Isabelle GIRAUDOT

Le Hasard fait bien les choses

La vie d’Agathe était très ordonnée, rangée, ordinaire, presque parfaite et… parfaitement ennuyeuse. Il n’y avait pas de place pour l’imprévu. Aucune fantaisie ne venait se glisser dans des journées qui se ressemblait toutes. Agathe rangeait ses chaussettes par paires sans aucune fantaisie et sans jamais en égarer une seule.

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Axel HOFFMAN

Trotinette

J’aurais aimé descendre des fleuves impassibles. Qu’on me laisse aller où je voulais sans être guidé par mes haleurs, mais ils ne me lâchaient pas, aucun peau-rouge criard ne les avait pris pour cible et cloués nus aux poteaux de couleur. 

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André HOTTE

Être et rester fashion

Katharinha, avec un K et deux H, met la dernière touche de décoration à son appartement. Il faut que tout soit parfait pour épater ses amis. Pas que les intéresser, vraiment les époustoufler jusqu’à la planète Mars. La chanson Fashion de Lady Gaga joue à tue-tête pour l’inspirer. Un succès rétro des années 2010 dont la mélodie et le rythme la séduisent énormément. Elle chante les paroles en se dandinant pendant qu’elle ajuste la teinte des lumières de son mur vidéo. Elle programme la séquence des couleurs, des nuances et des fondus de ses animations favorites.

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Vladimir ISSAKOVITCH

Le Plus Épuisé des deux

“Les livres cela prend la poussière”, murmurait notre gouvernante, une consœur en bien plus jeune de la mythique “Elyse” du best-seller “The Housekeeper”. Yasmina nous avait été envoyée par “Dalida fée du logis”, agence de services à la personne installée face à notre immeuble.

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Marie-Gabrielle JEAN

Au coin du Pôle, l’aventure

— Plutôt rien que cet appart, j’vous dis! Votre magnifiqueplan HLM, vous pouvez vous l’garder; avec les murs en papier d’clope qui vont avec! Moi, j’préfère encore la vie dehors.

Les bras ballants, en bon petit soldat de la cause sociale, Jenny accepte sans broncher le verdict de l’allocataire rebelle.

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Camille LACADEE

Volute

Une image blanche, écriture en rouge et vert. 

Palinale. 

Festival de films. 

Merci! 

À l’équipe constituée entièrement de volontaires! 

Aux réalisateurs de films, aux artistes, aux intervenants, aux modérateurs, aux techniciens et aux collectifs. 

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