


Rose-Marie PAGNARD
Suisse
contributions
Il y avait la paix, une synagogue, une église, un château, une école, des riches, des pauvres, la campagne, mon père et ma mère : là, je viens au monde. Ma seule amie est Hongroise Je joue du violon, je fais de la danse classique. A dix-huit ans, j’habite à Bâle avec mon mari René Myrha, peintre et scénogaphe. Nos filles s’appellent Cléo (1963-1994) et Géraldine (1964). La moindre injustice me révolte, la moindre bonté me fait grandir et aussi m’est nécessaire pour vivre et pour écrire. Tout ce qui est fragile en nous et dans l’état du monde m’inspire, et aussi ce désir d’être aimé que ressentent les êtres en marge, les visionnaires, les créateurs, les artistes, les enfants. Traductions, chroniques littéraires, journalisme ; puis les premières nouvelles et premiers romans de fiction, dont La périodeFernandez (Actes Sud, prix Dentan), Dans la forêt la mort s’amuse (Actes Sud, prix Schiller), Revenez chères images, revenez (Le Rocher), Janice Winter (Points Seuil), Le Conservatoire d’amour (Poche Zoé), J’aime ce qui vacille (Zoé, prix suisse de littérature), Gloria Vynil (Zoé)… Aujourd’hui, j’habite saux Breuleux, un village du Jura suisse. René peint, j’écris, parfois nous créons quelque chose ensemble.
Contributions

nouvelle
Automne 2022
La femme dans la cabine du grutier
Les bourgeons ont la goutte au nez, les herbes sur le remblai du chantier de construction n’en peuvent plus de pousser, les nuages sont vidés, passés au bleu, enfin, après cinquante heures de pluie sur le village, ce vendredi 29 avril 2022, tu ouvres la fenêtre. Nous nous demandons comment sera cet immeuble, qui seront nos nouveaux voisins. Et juste à ce moment l’ingénieur Mardera, en costume gris clair, son casque à la main, saute de sa voiture et nous n’avons pas le temps de l’avertir qu’il a déjà glissé sur le béton et disparu dans la tranchée que nous avons vue se remplir de boue au fil des jours.


