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Portrait de HANF

Verena HANF

Allemagne

contributions

Verena Hanf est née en 1971 à Fribourg-en-Brisgau d’un père allemand et d’une mère égypto-libanaise. Elle partage son temps entre l’Allemagne, où elle travaille pour une organisation non gouvernementale qui soutient des projets pour enfants défavorisés, et Bruxelles, où elle vit depuis plusieurs années. Après Tango Tranquille et Simon, Anna, les lunes et les soleils (Éditions Le Castor Astral, en 2013 et 2014),  La Fragilité des funambules (Éditions F deville, en 2021) et L’Enfer du bocal (Éditions F deville, en 2023).

Contributions

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Été 2024

A côté

Bonjour. Je m’appelle Vladina. Merci de m’accueillir dans votre cercle des accros anonymes. Je voudrais vous livrer mon témoignage.

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Automne 2023

Le cadeau

— Tu es intelligente.

Son père le lui a dit, peu avant que la marâtre l’ait obligée à quitter la parcelle.

— Tu te débrouilleras, parce que tu es intelligente, lui a-t-il expliqué avant de fermer la porte derrière elle. 

Intelligente. Ce mot-là, Déborah l’a enregistré, évalué, compris, intégré. Il l’a aidée à survivre dans la rue, à éviter les dangers et à tenir bon. Il l’a guidée vers le foyer, son abri depuis deux ans. Il la distingue d’Aimée et Divine qui aiment parfois se moquer d’elle, parce qu’elle vient de la campagne, parce qu’elle est trop grande, trop maigre, trop noire.

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Été 2023

Oui, mais…

Il se rase deux fois, pour que sa peau soit lisse et sans l’ombre d’un poil. La veille, il est allé chez le coiffeur pour se faire couper les cheveux si court qu’aucune boucle puisse s’épanouir. Sa mère lui a repassé une chemise, et il se vêt, avec des gestes calmes, de son unique costume, un cadeau de son père. Il hésite, puis noue une cravate autour de son cou.

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Hiver 2023

La croix de Kurt

L’eau est froide. Mes muscles se contractent, mes poils s’hérissent. Le frisson est irrépressible, le souffle entravé, mais je reste intransigeant et ma main ferme. Le pommeau de douche est réglé à haute pression, le jet est dur. Ventre, dos, nuque, tête, tout y passe. Ma peau picote. Son rougissement m’agace. Qu’elle reste blanche. « Blanche comme le lait », disait Maman, satisfaite. Et en été : « Blanc, c’est beau, alors protège ta peau. » Le soleil me rougissait quand même, les filles riaient. « Tête de tomate ! » Honte et colère ajoutaient une couche de rouge aux joues.

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