


Gerardo FERRO
Colombie
contributions
Écrivain et journaliste. Il a publié les recueils de nouvelles Cadavres Exquis (2003), Antropofobia (UIS, 2006; Lugar Común, 2019) et Nous n'oublions jamais rien, bébé (EAFIT, 2018), ainsi que les romans Les Scribes (IPCC, 2012), Cahiers pour hommes invisibles (Collage Editores, 2016) et Toutes les voix mortes(Planeta-Minotauro, 2022). Son livre Antropofobia a été catalogué par le blog littéraire El laberinto del minotauro comme l'une des 50 œuvres sud-américaines que tout le monde devrait lire avant l'apocalypse. Depuis 2012, il vit à Montréal.
Contributions

nouvelle
Été 2025
Le Vendeur
Le vendeur atterrit sans encombre devant la porte du bâtiment. Il est dix heures moins dix à sa montre. Juste à l’heure. Le vol l’a quelque peu décoiffé, alors il ajuste sa veste et sa cravate, lisse ses cheveux d’une main, saisit fermement sa mallette et s’apprête à entrer.
À côté de l’ascenseur, une femme tient un chien dans ses bras. Elle le regarde, consternée, par-dessus son épaule. Le chien se met à aboyer, et le vendeur se sent mal à l’aise. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Il analyse rapidement la situation et opte pour les escaliers plutôt que de monter à côté de l’animal.

varia
Été 2024
Orgies, muses et romans posthumes
Il y a dans les romans posthumes une forte odeur d’absence. Ils sont habités par le vide de la mort. Que ce soit parce qu’ils sont restés inachevés au moment du décès de leur auteur, ou parce que l’auteur a choisi de les laisser dans le dossier des tentatives échouées. Dans les deux cas, au moment de la mort, ils doivent être achevés (éditer les inachevés est une façon de les terminer), se rapprocher du roman initialement souhaité, mais inexistant. C’est-à-dire, créer une fiction qui complète le fictif.


