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Illustration titre de la revue Marginales n°314

édito

I have a dream

50* contributions retenues pour ce numéro, autant que d’États dans ce pays de tous les contrastes, adoré et détesté, rêve et cauchemar. 50 contributions et cet éditorial, 51e, pas comme le Canada ou le Groenland, mais comme Washington DC, un Washington DC qui se contente de piloter sans imposer…

Après l’appel pour ce 314e Marginales, j’ai reçu un mail d’une contributrice régulière qui s’insurgeait: pourquoi traiter Trump et son gouvernement de fascistes, alors que tant d’Américains en étaient très heureux? Dois-je dire que ce message m’a renforcé dans l’idée que, de tous les thèmes que Marginales a traités dans sa longue histoire, celui-ci était peut-être le plus urgent, le plus vital? Dans les années trente, des millions d’Allemands ont, eux aussi, été ravis de la politique mise en place par le parti nazi. Tout comme des millions d’Italiens ont été enthousiastes pour les réformes mussoliniennes. Aujourd’hui encore, il n’est pas rare d’entendre, dans la péninsule, des hommes et des femmes nés bien après la chute du Duce répéter l’antienne: “Du temps de Mussolini, les trains arrivaient à l’heure.”

Du temps d’Hitler, les trains aussi arrivaient à l’heure. À la dernière heure.


Le monde redevient barbare et il faut nommer les choses clairement, comme nous y invite Camus. Le fascisme est de retour. Depuis les années 1990, il se prépare, fourbit ses armes. Il a appris à sourire, à jouer le rôle du beau-fils idéal dans certains cas; il a patiemment préparé l’opinion à accepter les idées fondamentales déjà élaborées par les nazis. La loi est une invention des plus faibles qui ont profité lâchement de la bonté des plus forts, mais il est temps que cela cesse et que l’on revienne à la seule loi qui compte: celle du plus fort. Du plus riche. Du plus vulgaire, du plus violent.


J’ai grandi dans le rêve américain. En 1966, j’ai découvert un Oncle d’Amérique, débarqué avec ses deux grands fils, Apollo et les Beatles (qui sont anglais, mais à l’époque, c’est un détail). Puis, il y a eu la Country, l’appel des routes, la découverte de New York et de Los Angeles, le cinéma… Aujourd'hui, le rêve s’est fait nausée. Mon vieux cousin, à LA, est désespéré. Son âge est sa seule consolation: il ne sera plus là pour voir le pire, m’a-t-il confié.


Mais j’aimerais qu’il soit là pour voir le meilleur. Le sursaut, le retour de l’espoir. Que les fascistes soient aux commandes aux States et dans tant d’autres pays, d’Israël à la Russie, en passant par la Turquie, l’Italie, peut-être la France demain, que le suprémacisme revienne en force et traite de “wokisme” tout ce qui a permis les progrès moraux et sociaux majeurs de ces dernières décennies, que la crise perpétuelle que nous vivions depuis si longtemps soit devenue un état de guerre permanent, que nos gouvernements encore démocratiques se mettent eux aussi à bafouer l’État de droit, en particulier sur les questions liées à la migration, bref, que l’amnésie ait repris les rênes de l’humanité n’est pas une fatalité. C’est une tragédie, mais les tragédies peuvent prendre fin.

Et le rôle des artistes est de raconter un futur différent que celui auquel aspirent les oligarques fous qui se croient tout permis. Le raconter, inlassablement, pour que se lèvent celles et ceux qui voudront donner vie à la fiction.


Avec ce numéro, Marginales fête ses 80 ans… Un site revu en profondeur, mais aussi (pour le plaisir des collectionneurs) le retour de l'impression complète de chaque numéro, grâce à l'aide du Fonds des Lettres de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.


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50 contributions, fictionnelles ou graphiques, en lien avec la thématique, auxquelles s'ajoute une nouvelle en rubrique "Varia".

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Article X / XX

I have a dream
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