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Illustration titre de la revue Marginales n°314

nouvelle

Galamaga

Bast fulmine toutes griffes dehors.

— Mais de quoi te mêles-tu?

— Et si moi, ça me convient. Ça strass, ça paillette, ça twerk. Les Galamaga des mégalopoles, j’adore.

Pytha, perdu dans ses mondes parallèles, ne supporte plus ce caractère à géométrie variable. Il a compris depuis longtemps ce que Bast désire avant toute chose: briller et être la première. Surtout lorsqu’il s’agit de mettre la patte sur le sushi au thon d’un buffet. Pytha a renoncé à se battre, et même à débattre.

Oreilles droites, yeux verts et malicieux, Imhotep s’avance vers eux, mine de rien.

—Check?

—Check…

Le ton se veut froid. Pytha et Bast se méfient des inconnus et gardent leurs distances. Et puis quelle familiarité! Il y a toujours des agitateurs et des pique-assiette quoi qu’on fasse. Déplaisant de tomber sur l’un d’entre eux.

— Dites-moi, vous deux, à part théorèmes, discours, culte et libations, qu’avez-vous apporté au monde?

Strike. C’en est un. Bast et Pytha le toisent. Quelle mouche le pique celui-là avec ce genre de questions existentielles et inutiles? Il ne leur ferait pas la morale par hasard, ce trublion? Il aime bousculer, c’est évident. Mieux vaut l’ignorer.

— Pas mal ce buffet!

Bast s’empare d’un petit four. Crabe rarissime.

—Mon Pharaon adore. Moi aussi.

— Plutôt vodka et caviar, quant à mon Maître.

L’invité s’immisce dans leur conversation plate comme un hareng survivant de la Baltique.

— Je viens du froid. Je n’en dirai pas plus. Pas loin du Groenland. Tout le monde situe? Et attention, vous ne m’avez pas vu.

Par contre, son œil voit tout, observe tout. Agent de sécurité. Double? KatGB ou CatIA. Le couple s’écarte.

— Autant se sustenter avant le grand final, n’est-il point, les pansus?

Garfield force le passage.

— Quel grand final?

Pytha et Bast relèvent surtout l’insulte narquoise du convive indélicat. Eux ne pensent que brillance du poil et poids idéal. Ils seront dans une salle fitness à la première heure demain pour éliminer. C’est grossier de sa part. Et question BMI, il n’est pas en reste.

—Vous n’êtes pas au courant?

Il s’empiffre en les narguant.

Tous deux écarquillent les yeux. Quel sans-gêne: les meilleures bouchées.

— À mon avis, tout l’intérêt de cette soirée se résume au buffet.

Bast soupire.

— Aucun Royals. No Celebs. Au fait, je n’ai pas lu le carton d’invitation. Dis-moi, Pytha, il s’agit d’un vernissage? Une récolte de fonds pour “Sauver les Apparences” à défaut de préserver la nature. Ces billevesées écologiques gavent à la longue. La remise des Awards, peut-être? Un pot de départ à la retraite pour les derniers journalistes du “Wash Out Post”. Le prix Nobel de la paix, dis-tu? Ah, tu fais de l’humour, mon Python…

— Enchantés, nous sommes Poly et Daktyl, les riches descendants de feu Hemingway. Il nous a légué une splendide demeure à vie. Nous y organisons des parties. Si vous souhaitez croquer de la souris pour le fun. Un clin d’œil. C’est entre nous. Ou alors, vous êtes plus du genre méditatif… Nous organisons aussi des séjours Christik Ayur Boudh Ju Mouss avec gourou et vomitif inclus dans le programme. Se ressourcer. Revenir à soi. Me FIRST. Poupette Lagerfeld nous rend souvent visite en jet privé. Elle déprime. Vous la connaissez sûrement. Quelle géniale Coach en Relooking. En principe, elle vient ce soir. Et les Ripeurs?

— Ra, pas ri, corrige Pythagore.

Trop tôt pour eux.

Agitant la patte, une joyeuse flopée de Maneki Meko, suivis d’une bande de Pokemon Miaouss, envahit la place. Cosplay et K. Pop. La soirée prend une tournure plus festive. Bast l’espère. Elle se détend.

Imhotep s’incruste à nouveau dans la conversation.

— Croyez-vous que les dieux égyptiens, ou grecs seront d’un quelconque secours? Ils n’ont d’ailleurs plus la cote que dans des auditoires poussiéreux et de sombres bibliothèques. Le vieux continent s’enfonce. Tout juste bon à être reconverti en Theme Park? Ha ha ha. Ce ne fut pas inutile, certes. Et je vous précise également que j’adhère pleinement au discours qui va suivre. Petite précision, je ne suis pas l’Architecte de renom, chère Bastet. Je suis simplement celui qui a inspiré le dessinateur… Ah, vous ne connaissez pas. Sur ce, je retourne m’exprimer dans mes phylactères. Je m’ennuie à mourir ici.

— Dites donc, vous, sachez que, sans mes théorèmes, rien ne tient la route, s’insurge Pythagore piqué au vif.

— Et sans mon culte, que serions-nous devenus?

Bast exsude une colère froide.

Les deux s’unissent. Pour qui se prend-il?

— Il a bien évoqué un discours, ou je me trump… (nota bene. L’orthographe a été officiellement modifiée) Tu crois qu’IL va venir?

Bast voudrait s’en réjouir mais les discours en mode ASMR du Great la plombent. Ne surtout l’avouer à personne.

Soudain débarque de nulle part un personnage aussi étonnant qu’intrigant. Toujours prête à charmer avec ses yeux en tapis de velours, Bast se fige subitement. Le phénomène en question apparaît et disparaît. Il sourit jusqu’à l’absurde, jusqu’à faire penser de lui qu’il pourrait être un idiot. Il n’y a que les fous pour sourire ainsi dans le vide, ou les métaphysiciens, voire les astrophysiciens; le chat de Cheshire, et tous ceux que cela dépasse, cela va sans dire.

— Ouf, il est parti pour de bon. Oh Dieux Égyptiens du Ciel! Son sourire flotte encore derrière lui.

Pythagore jalouse cette faculté innée de dissociation.

— Parfaitement quantique, et loin d’être idiot.

Courroucé, il tourne le dos à Bast, qui bout intérieurement: “Mais quelle soirée abominable! Ce n’est ni festif, ni glamour.” Elle affiche une moue de pur dédain quand elle scanne le monde qui afflue. Quelques cocos gaucho qui tentent de se frayer un passage; des désabusés de tout bord qui n’ont pas leur part du gâteau et collent littéralement les influenceurs et lobbyistes. Ces derniers ont envahi toutes les strates du pouvoir. Rien de bien neuf. Muskito a décliné l’invitation, paraît-il. Fuck. Il sait mettre l’ambiance. Il vise Mars. Ici, il n’en a plus rien à foutre. De là-haut, il sera le King of the Universe. First arrived, first served. Il est en Mission Intergalactique. “La fin justifie les moyens”. De toute façon il n’est pas le premier à le dire. “Après lui, les mouches”. Comme il est drôle… Ou alors, il se ressource quelque part sur Fortunata, sous perfusion de cellules embryonnaires. Parce qu’il le vaut bien. Oui, cela fait des envieux, “La Laideur éternelle”. Mais qu’importe le concept, si ça fait vendre. Et puis tous ces propos rapportés sont bien entendu “Fake”. Le GREAT l’affirme. Bast en est convaincue. Et où réside le problème? Les dieux sont au-delà des lois et du peuple. Ils restent entre eux uniquement par intérêt, dans leur monde parallèle feutré, sans frontières, sans distinction de genre, de race, de religion, de culture. Ils leur arrivent de jouer à chaise musicale, ce n’est pas faux. Il ont bien le droit de s’amuser, quand même. Au final, seuls les chiffres alignés de leur fortune comptent. Business is business. Réducteur, mais efficace en diable. C’est une sphère inaccessible et fascinante. Et nous, nous adorons les success stories hallucinantes et les miettes dorées qu’on nous jette.

— Pyth chéri, tu trouves vraiment que j’ai bonne mine?

—Bast, arrête.

Même s’il apprécie qu’elle parade à ses côtés, elle est canon quand même, ce sujet de discussion l’horripile.

— Et par pitié, ne me parle plus de Mela. Quoique cette version modernisée de la Kichenotte vendéenne m’amuse beaucoup, ce cyber chapeau ne t’irait pas. Je te l’ai déjà dit, tu as les oreilles trop pointues. Et que ferais-tu, toi, d’un mini-dôme antibalistique dessiné par les concepteurs de SpaceX? Il ne faudrait pas qu’une balle perdue l’atteigne… On reste au Far West, ne l’oublions pas. Bah! ce chapeau n’est probablement que le teaser du brand new film sur sa vie d’émigrée (un modèle de résilience). Il a coûté un paquet de Besos. On sait. Mais quand on aime, on ne compte pas! Si tu tiens à avoir mon avis, je préfère notre casquette. Avec elle, on ne perd pas le cap. C’est d’ailleurs une marque déposée. J’espère juste que pour le prix, elle est bien fabriquée ici, en Dramarica, et nulle part ailleurs. Et tant mieux si le champagne augmente de plus de 100%. On verra enfin où nichent les riches! Le COCOCOca aux ploucs! Voilà, le débat est clos.

Jamais Pythagore n’aurait imaginé un jour déblatérer de la sorte. Une IA facétieuse le contrôlerait-il? Une puce électronique lui gratterait-elle le neurone?

— Oh Pyth, tu deviens infréquentable.

Mais Bast rit. Des perles, ses dents.

D’autres convives arrivent, à pas feutrés, bien “loaded” de comptes crypto en comptes paradisiaques Offshore. Bast se réjouit. Ils relèvent le niveau de ce Gala. On dit qu’ils possèdent partout sur la planète ce qui peut être possédé. Le Monopoly du Rêve. C’est global. Là où il y a du sable, on leur amène de la neige et des glaces pristines pour leur cocktails. Là où règne la banquise, on dégaze, on perce, on fore. On acclame la fonte des glaciers. Si c’était mieux avant? Ben, on n’en sait trop rien. L’histoire se réécrit en continu et à la demande. Le mensonge comme vérité suprême. Parler pour ne rien dire. Et si être vu compte plus, Bastet adhère.

— Regarde, mon Python chéri.

Bast pince fortement le bras de son compagnon

— C’est qui, lui?

Dans cette effervescence froide et calculée, tous les regards se tournent peu à peu vers le tout dernier arrivé. Celui-ci traverse la salle avec force et détermination. Il monte sur l’estrade. Il scrute l’audience intriguée. Silence.

— Quel charisme! D’où vient-il?

Bast frissonne.

— Bonsoir à vous. Je suis Zorbas, et je n’irai pas par quatre chemins. Pas de langue de bois ni de longs discours. J’ai un message d’une urgence capitale à vous délivrer. Commençons par une image forte, noyée au fond de vos mémoires mais que nous allons ranimer ensemble. Souvenez-vous de cette histoire inimaginable. Un humain déshumanisé versus une créature sauvage. Je ne la nomme pas. De grâce ne la stigmatisons plus, c’est elle la première victime. Imaginez la panique de l’animal carapacé. Ou les battements d’ailes frénétiques du chiroptère. Vous y êtes? Le contact dans la lutte. Il faut bien manger, lui assène l’homme. Il faut bien se défendre pour survivre, se défend la bête, nos habitats saccagés. La soif, la faim. Les forêts démembrées par une avidité consensuelle. Tout ceci filmé par des satellites, relayé en boucle par les médias du monde entier. Plus d’un milliard d’humains affectés par un virus. Arrêt mondial sur image pour éviter une propagation plus délétère encore. Informations stockées en masse dans le cloud pour celui qui en pleure, rit, s’en moque, ne bouge pas, s’agite, n’y croit pas. On creusera davantage pour extraire des minerais: il faut bien communiquer ou tuer le temps. Mode virtuel. Complots, dérives, parlotes. Prends soin de toi. Le monde bascule devant UN ennemi invisible. Les cadavres s’empilent, puis sont brusquement évacués, enterrés, incinérés. Pas de famille. Pas d’amis à leur côté.

Un malaise général s’empare de la foule; irritée de subir le narratif une fois de plus, elle grogne. Zorbas poursuit imperturbable.

— Moi, je pleure encore. Ces mondes ne devaient jamais se croiser. N’entre pas dans la grande forêt qui veut! Pourtant, strictement rien n’a changé depuis. Que du contraire. L’exploitation des ressources s’accélère. Pour s’emparer des terres riches en minerais, des guerres ignobles et dévastatrices s’enchaînent. Main basse sur tout ce qui créera le monde de… demain.

La foule demeure insensible. Quelqu’un lance:

— C’est bien le propre de l’homme que d’oublier. Qu’y pouvons-nous? À bas les rabat-joie!

Zorbas ne se laisse pas démonter.

— Mais réveillez-vous! Il EST MOINS UNE POUR LA TERRE! Nous n’aurons pas de seconde chance. Avez-vous oublié la puissance des mots, des actes quand ils inspirent des pensées positives tournées vers la Vie? Cessez de ne penser qu’à vous. Votre mission est d’inspirer les humains. VOS humains. Qu’ils cultivent la terre sans plus l’empoisonner. Qu’ils arrêtent de spéculer sur le prix du blé et de tout ce qui nourrit. Non au superflu. Non au gâchis. Que la forêt et la Vie qu’elle porte redeviennent SACRÉES! La TERRE, notre seule patrie. UN NOUVEL ORDRE MONDIAL!

Le brouhaha général de mécontentement persiste.

— Je sais, vous aimez la facilité par opportunisme. Si je parle de voie lactée, vous entendez lait et n’entrevoyez pas l’immensité et sa myriade d’étoiles à contempler. D’ailleurs vous ne voyez même plus les étoiles. Je vous supplie, chats du monde entier, fuyez la torpeur des coussins de salon! Refusez de vous laisser manipuler, bande de chatons désœuvrés qui comblaient des vides abyssaux de solitude. Où est votre dignité?

Zorbas fixe l’assemblée tristement.

— Je ne suis ni clown, ni bouffon, ni bonimenteur. Je suis un chat qui ce soir verse une larme d’amour pour son Ami. Né de son talent d’écrivain, de sa vision d’un monde juste, je me dois de poursuivre sa route. Vous ricanez? Qu’importe, je lutterai jusqu’au bout de mes forces, pour lui. Luis Sepúlveda. Victime collatérale d’une rencontre improbable avec ce virus. Frappé dans le dos par ce qu’il combattait de face le poing levé. Homme de devoirs, pour qui l’humanisme n’était pas un mot creux.

Les impatients veulent quitter la salle. C’est un traquenard. Les affaires n’attendent pas. La bourse ne va pas trop mal. Le GREAT l’agite. Un sceptre en main, tel Jupiter, il décide des tarifs mondiaux. Une spéculation démentielle. Mais tant qu’il y a de la croquette, pas de quoi s’inquiéter. De plus, les MAGA regorgent d’inventivité. Les morts sont virtuels et la jeunesse éternelle. Les guerres ne se font qu’en gaming. Les pauvres n’existent pas. Les camps de réfugiés, non plus. L’air est encore respirable. Les divans toujours moelleux. Les appartements chauffés. Maga. Maga. No Blabla. Nous avons voté pour le plus sexy. Avec lui, rien ne peut nous atteindre. Nous nous sommes rangés derrière sa Bannonière de Tyran, sa cour impériale amusante et tronçonnante. On rigole au moins. C’est vraiment lui le plus fort. Le concept de1984 remasterisé. Version colorisée. Personne n’y avait pensé. Non, on ne veut rien comprendre d’autre. Great is fun. Maga. Maga. No Blabla.

Le cœur de Zorbas se brise.

Un jour, il a promis à une mouette qui se mourait de couver son œuf. Lui, le carnassier. Et cette promesse, qu’il a tenue pour que vive l’oiseau, a fait éclore en lui le meilleur. S’il se tait aujourd’hui, cela signifie que cette histoire n’a jamais existé. Que le Vieux ne lit plus de livres d’amour. Que les roses d’Atacama ne refleuriront pas dans le désert.

La dignité, c’est tout ce qu’il lui reste. Que peut un personnage de littérature, sinon porter le message de son créateur plus haut, et l’incarner contre vents et marées?

Zorbas traverse la salle à pas lents.

Les huées cessent. Les rires s’atténuent. Beaucoup ont vu cette larme qui coulait sur sa joue. La foule des conviés s’écarte. Sa dignité impressionne. Elle projette une lumière qui trouble profondément ceux qui la reçoivent. Là, au fond du cœur, de l’âme de l’esprit. Là, où on l’accueille.

Dans sa poitrine, Zorbas sent une pulsion, autre qu’un simple battement sur deux. Il se redresse, la tête plus haute encore. Il n’a pas menti. Il n’a trahi personne. Il a respecté la parole de son Ami. Lentement, il se retourne vers eux et brandit le poing avec fierté.

— Moi, je ne trahirai jamais mon maître. Jusqu’au bout je porterai son message.

Nombreux sont ceux qui sont revenus sur leurs pas en silence. Un silence riche, pour remplir le vide bruyant de leur existence. Ils se regardent et ils ont peur de ce qu’ils voient. Les écailles leur sont tombées des yeux. Les boules à facettes de leur vie ont explosé dans la clarté du constat navrant qu’ils se sont trompés de route. Ils ne sont pas heureux. Pas plus que leurs maîtres. Et ils ne les inspirent plus. Ils ont failli à leur mission première.

Bastet et Pythagore se prennent dans les bras. Ils pleurent.

Un anonyme dans l'assemblée murmure.

Et c’est un étrange chuchotement qui s’empare de la foule. Cela ne ressemble pas à une prière. Désormais, ils se méfieront des prières. Il ne s’agit pas d’un hymne fredonné, non plus. C’est à double tranchant, les hymnes. Rien de cela. Plutôt le bruissement du vent et le ruissellement de la vie. C’est retourner à l’acte premier. Respirer et boire une eau pure. Et ce murmure se propage dans l’univers car il sonne clair et respectueux. La beauté de sa sonorité les envahit tous. Ils ne veulent plus servir de support publicitaire pour des messages trompeurs. Qui sait ce qui pourrait leur arriver par la suite… Peut-être leur ferait-on porter des bottes pour défiler… Alors ils lèvent le bras, arrachent leurs ridicules casquettes, les jettent par terre et les piétinent. Plus tard, on dira que c’est Bastet et Pythagore qui les lancèrent en premier.

Dans la patte de Zorbas, le souvenir d’une caresse, d’une coquille fragile déposée un jour au creux de sa main.

Le ronronnement devient chant.

Le plus beau qui soit:

Ensemble, c’est possible.

L’espoir vaincra.


À toi, Luis Sepúlveda, mort le 16 avril 2020.

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