
Ses livres

Le docteur Hun Chhunly est né en 1938, au Cambodge, dans la province de Kompong Cham où son père tenait un petit magasin. Il a étudié la médecine à Phnom-Penh, la capitale du pays avec l’aide financière de son frère et il travaillait lors de ses heures libres.
Il a terminé son internat fin des années soixante à l’hôpital Calmette à Phnom-Penh.
En 1973, il a été affecté à l’hôpital militaire de Battambang. Entre 1973 et 1975, sous le gouvernement de Lom Nol, il est donc médecin militaire.
La guerre civile faisait rage dans le pays, opposant les forces communistes khmers rouges et vietnamiennes contre l’armée républicaine du Cambodge. La mère du docteur Hun Chhunly qui avait entendu parler des atrocités commises par les khmers rouges dans les régions qu’ils contrôlaient, ne cessait de le supplier de quitter le pays. Mais il ne pouvait pas croire, disait-il, à une telle sauvagerie.
En avril 1975, quelques jours après l’entrée de Pol Pot dans Phnom-Penh, il a échappé par miracle au massacre de treize de ses confrères médecins.
Séparé de sa femme, qui était restée bloquée à Phnom-Penh, et expulsé de la ville de Battambang vers les zones rurales comme tous les Cambodgiens, il a travaillé pendant un mois dans les rizières puis a été appelé à travailler successivement dans 3 hôpitaux khmers rouges pendant 18 mois : un hôpital de district situé dans un lycée, l'ancien hôpital militaire provincial et l’ancien hôpital civil de la ville de Battambang. Par la suite, envoyé dans les zones rurales, il a travaillé dans les rizières jusqu'à l'effondrement du régime des Khmers rouges, le 7 janvier 1979.
Après la chute du régime, Hun Chhunly a décidé de rester au Cambodge et de collaborer à la renaissance de son pays, malgré les souffrances endurées.
Pendant le régime de Pol-Pot, il avait perdu 15 membres de sa famille y compris son fils et sa femme qui avait été retenus à Phnom-Penh en 1975.
Il s'est remarié en 1979 et s’est occupé de ses cinq enfants et de plusieurs neveux orphelins.
De 1979 à 1986, Hun Chhunly a été directeur de l'hôpital de Battambang, puis directeur provincial de la santé de 1986 à 1992. Son épouse, qui était sage-femme, dirigeait le service de maternité de cet hôpital.
En 1992, Hun Chhunly a été nommé au département de la planification du ministère de la santé. Il était directeur de la santé et les équipes d’experts de l’UNICEF et de l'organisation mondiale de la santé (OMS) travaillaient en étroite collaboration avec lui.
Deux ans plus tard, à l'âge de 55 ans, il était mis officiellement à la retraite. C'est alors qu’il a été engagé comme consultant au bureau de l’OMS, sur un projet de relance du secteur de la santé. Le dr. Hun Chhunly avait la confiance de ses collègues et la légitimité requise pour appuyer l’élaboration d’un plan de couverture sanitaire et revoir l'implantation des établissements de soins en fonction de la taille de la population et de l'accessibilité géographique. Il s’y est investi avec ténacité, tenant ainsi la promesse qu’il avait faite de « faire quelque chose qui profiterait à sa famille, son peuple, son pays en fonction de ses compétences. »
En 2003, il a pris sa retraite définitive et commencé à écrire ses mémoires en khmer.
En 2012, il a a été appelé comme témoin au procès des trois anciens leaders khmers rouges encore vivants : Nuon Chéa, Ieng Sary et Khieu Samphan. A cette occasion, avec l’aide des nations unies et de son fils, ses mémoires ont été traduites en anglais et ont servi au dossier lors du procès.
Le Dr HUN Chhunly est décédé en 2021.
Ses collaborateurs proches ont voulu rendre hommage à cet homme remarquable, discret et engagé en terminant la traduction française de ces mémoires commencées sous sa supervision afin de les diffuser largement.



